Un cri qui fait du bien :
Laurent Blanc serait-il “raciste” ? Les médias le somment de prouver le contraire. Les hauts et menus dirigeants du foot français sont pareillement harcelés et les Bleus champions du monde en 1998 n’échapperaient pas tous à la présomption de “racisme”, si l’on en croit les basses rumeurs sur cette affaire de propos privés rendus publics sur un site Internet à forte teneur idéologique. Il y a longtemps que le mot “racisme” a échappé à toute définition rationnelle pour devenir le point focal d’une démonologie routinière. On décrète “raciste” l’adversaire politique, le voisin de palier inamical, le supporter du club rival et il leur incombe de s’innocenter. Au lieu de calmer le jeu, la ministre concernée en a rajouté dans la posture moralisante et nous voilà conviés à un match ubuesque entre des procureurs – Noah, Thuram, Vieira – et les avocats de la défense – Dugarry, Desailly, Zidane, Deschamps.
Une seule certitude : la conjonction lamentable du voyeurisme et du flicage. Quand Big Brother sévit clandestinement dans une société moralement gangrenée par la télé-réalité et la presse de caniveau, l’espace de l’intimité s’amenuise, celui de la liberté y laisse des plumes, les amalgames infamants font la loi. Ou [sic] faudra-t-il se planquer pour pouvoir causer, gamberger, galéjer, respirer, sans risquer la délation d’une mini-taupe high-tech ? Et de quel millimétrage langagier faudra-t-il faire usage pour n’être pas accusé de “racisme” par cette police secrète des mœurs téléguidée par des commissaires politiques autoproclamés ? Oserai-je désormais avouer quelque sympathie pour le village de mes ancêtres, sachant qu’il peut m’en coûter d’être réputé “barrésien”, donc “pétainiste”, donc “lepéniste”, donc “raciste”, donc “fasciste” et pire encore ? Jusqu’à quand aurai-je le droit de décliner une identité liée à l’histoire-géo de mon pays et de ma religion ?
Denis Tillinac, Valeurs actuelles 3885
Et toc! Il a bien raison Tillinac.
Rédigé par : Pipille | 2011.05.26 à 22:59