Lu dans Le Figaro de ce jour cette phrase de Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères : “Pour nous, l’antichristianisme est aussi intolérable que l’antisémitisme ou l’anti-islamisme”.
La première question que je me pose est celle-ci : peut-on comparer sans autre “christianisme”, “sémitisme” et “islamisme” ? Ces trois termes revoient-ils à des réalités du même genre ? S'agissant de religion, ne faudrait-il pas plutôt parler de “christianisme”, de “judaïsme” et d’“islam” ?
La seconde question que je me pose est celle-ci : que faut-il que nous entendions par “anti-” ? Si, par “anti-” je dois comprendre “opposé à l’autre au point de vouloir son élimination”, j’abonde dans le sens de notre ministre. Mais si, par “anti-” toujours, l’on me demande d’entendre “suffisamment en désaccord avec l’autre pour s’employer à le convaincre par le raisonnement qu’il est dans l’erreur”, je crains de ne plus être d’accord.
Dans la société postmoderne qui est la nôtre, où il n’est plus licite de parler de “Vérité”, mais seulement de “vérités”, également respectables en principe — mais en réalité, d’autant plus respectables qu’elles sont plus exotiques —, je ne serais pas surpris que l’on finisse par ne plus dissocier le second sens du premier.
Mais peut-être est-ce faire preuve ici d’un excès de pessimisme…
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