| Mercredi, mon jour de pause. Un rendez-vous annulé au dernier moment : que vais-je faire de mon après-midi ?
Et si j'allais à la Bibliothèque nationale ? Il y a là-bas une exposition, « La France de Raymond Depardon », que je ne voudrais surtout pas manquer. L'air est doux, la lumière d'un gris tendre, et les feuilles délicatement ambrées : le Paris automnal que j'aime. Je cours, saute dans un bus, avale les marches quatre à quatre, dévale un escalier mécanique, me rue vers le guichet, m'empare d'un billet et… m'égare. Une fois le nord retrouvé, je me glisse dans la vaste salle où sont exposés les très grands formats du photographe. Grand admirateur du travail de Depardon, je goûte déjà mon plaisir. Étrange itinéraire que celui qui nous est proposé, au cœur de cette France dite « profonde »… Le temps semble s'être arrêté et le silence régner. Les couleurs, franches le plus souvent, agressives parfois, se mêlent de manière incongrue. Mais il arrive que ce mauvais goût soit touchant, émouvant même. Rues et routes désertes abondent. Enseignes, réclames et signaux aussi. La haute définition des agrandissements, l'extrême densité des tons, l'architecture géométrique des images, l'ensemble me rappelle le mouvement hyper-réaliste. Un coup d'œil à la deuxième salle avant de partir. Il y est question de sources d'inspiration — Atget et Evans entre autres —, de travaux annonciateurs et, surtout, de réalisation. Passionnant jusqu'au bout. Sur le vélib' que j'enfourche pour rentrer à la maison, je me dis que ce rendez-vous annulé était peut-être une grâce. |
Je rêve de voir cette exposition depuis que j'en ai entendu parler sur les antennes de Radio.France... Qui sait ? Peut-être aurai-je des rendez-vous annulés pour "monter à Paris", et enfourcher un vélib, et...?
Rédigé par : jean-claude | 2010.11.21 à 18:35
Ce serait tellement sympathique !
Rédigé par : Pablito | 2010.11.22 à 13:55