| Le dernier voyage de Tanya, d’Alekseï Fedorchenko
Nous sommes quelque part dans l’Oural. Le ciel est sombre, le vent glacial et la pluie incessante.
La pluie. L’eau, donc. Qui rejoint celle des fleuves sombres. Et emporte tout. L’eau qui fait naître et disparaître. Disparaître et renaître. Renaître quelque part, pour toujours. Du moins l’espère-t-on.
Tanya s’en est allée. Mais pas son corps. Lui a encore une route à parcourir. Une route mouillée, qui semble interminable. Une route qui finit pourtant, au bord, que dis-je ? au fond d’une rivière.
Deux passereaux l’accompagnent.
Deux hommes aussi. Mais eux se taisent, perdus dans leurs souvenirs.
Ici, Miron, qui ne vivait que pour elle. Et qui vient de tout perdre. Jusqu’à sa raison de vivre. Miron, qui peine à voir plus loin que la chair éphémère.
Miron a besoin de se confier. Qui sait si sa tristesse ne se muera pas alors en tendresse ? Mais une douleur secrète le retient de tout dire.
Et là, Aïst, que Miron a choisi pour rendre un dernier hommage à Tanya. Choix qui ne doit rien au hasard, mais chut ! ne dévoilons pas la fin.
Aïst se laisse mener. Comme toujours Et tandis qu’on l’entraîne, il s’interroge. Encore et encore. Sur la mort annoncée de la culture meria : culture païenne venue du nord, aux rites étranges. Mais sur la mort aussi.
Le dernier voyage de Tanya est l’histoire de ce périple. Lent et mélancolique. Nostalgique et envoûtant. Intérieur.
D’où nous sortons avec des questions. Beaucoup de questions.
Comme, par exemple : La sensualité est-elle une raison de vivre suffisante ? Ou : N’y a-t-il vraiment rien derrière ce que peuvent capter nos yeux et toucher nos mains ? Ou encore : Se peut-il que la mort nous permette de retrouver l’être aimé ?
L’amour, alors, n’aurait pas de fin.
Et qui s’en plaindrait ?
Mise en garde. Certaines scènes ou images sont susceptibles de heurter nos lecteurs particulièrement sensibles.
Titre : Le dernier voyage de Tanya
Réalisateur : Alekseï Fedorchenko
Origine : russe
Année de production : 2010
Date de sortie en France : 3 novembre 2010
Casting : Igor Sergeyev, Yuriy Tsurilo, Yuliya Aug
Durée : 75’ |