Paris, lundi 15 décembre, 19 heures — Le cinquième « Dîner le la Réformation » a lieu dans la salle La Rochefoucault des Salons des Arts et Métiers, avenue d'Iéna.
Nous sommes nettement moins nombreux cette année. Je me demande pourquoi. Serait-ce que la Fédération protestante est parvenue à ses fins ? elle qui n'a jamais tellement goûté le parfum discrètement évangélique de cette rencontre ?
Mais qu'importe ! Les présents sont de qualité, et c'est bien là ce qui compte.
Je croise des hommes d'affaires, des médecins, des professeurs, des banquiers, des directeurs, des avocats, des artistes… et même des pasteurs. Leur point commun : un lien, plus ou moins profond ou distendu, avec la foi de Calvin.
Entre les mets d'un excellent dîner, interviennent les orateurs.
Gérard Larcher, d'abord, tout nouveau président du Sénat et, donc, deuxième personnage de l'État. Excusez du peu. Son thème : « De l'importance du protestantisme en France ». Une vraie, quoique brève conférence, admirablement construite, tout en rondeur et nuances. Il fait bon savoir qu'un homme de cette qualité occupe dans notre pays une fonction aussi prestigieuse.
Bernard Kouchner, ensuite, ministre des Affaires étrangères. Son projet : répondre aux trois questions posées par le maître de cérémonie, Pierre Bérend : Qu'allez-vous faire pour les chrétiens d'Algérie ? Prévoyez-vous d'intervenir en faveur des chrétiens persécutés au Proche-orient ? et… Les descendants d'émigrés protestants installés en Afrique du Sud pourront-ils obtenir la nationalité française ? Un long discours alambiqué, dont je retiens ceci : rien n'est simple en ce bas monde !
Michel Forey, enfin, Président des Assemblées de Dieu en France. Il ne dispose, lui, que de trois minutes pour dire ce que sont les Évangéliques et prononcer la bénédiction. Subtile intervention, que clôt l'hymne du protestantisme, À toi la gloire.
Bilan. Une soirée agréable et… valorisante pour les pasteurs qui, cette année encore, furent cités en premier dans les présentations. Mais le Dîner a-t-il atteint son but ? Au Comité français pour le Jour de la Réformation, organisateur, d'en juger. Pour ma part, j'en doute. Car il ne m'est pas clairement apparu que le protestantisme avait gagné en visibilité ce soir. La centaine que nous étions ne pouvait pas marquer durablement l'esprit de nos hôtes distingués.
À nous de prier maintenant pour que le prochain Dîner réponde, lui, pleinement à l'attente de ses concepteurs.










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