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Psaume 126.3 : « Le Seigneur a fait pour nous de grandes choses ; nous nous réjouissons. »
Devant ce texte, ce matin, je me suis interrogé sur les raisons pour lesquelles, avec les fidèles de Juda, nous sommes heureux aujourd'hui, alors même que notre chemin est peut-être bien pentu et difficile ?
La réponse me semble être celle-ci : pour les mêmes raisons que Jérusalem. D'abord, le souvenir que nous avons des hauts faits de Dieu en notre faveur ; ensuite, cette confiance que nous avons en lui : ce qu'il a fait pour nous, il le fera encore, et même bien plus.
Si nous sommes dans la joie ce matin, c'est que notre Seigneur est le Dieu des retournements miraculeux de situation. Que de fois déjà il nous a secourus, soulagés, sauvés !… Et ce qu'il a fait pour nous par le passé, il a bien l'intention de le faire encore, encore, et encore… toujours ! Jusqu'à ce que, après qu'il nous aura laissé souffrir un peu de temps, il essuie enfin toute larme de nos yeux et nous relève « pour de bon » cette fois. Alors, parce que mort, deuil, cri, douleur auront définitivement déserté nos vies, nous serons vraiment « comme des gens qui font un rêve » ; et nos bouches seront pleines de rires ; et notre langue poussera des cris de joie. Les choses premières auront disparu ; et l'antique prophétie — Jérémie 31.12 —, finalement, sera accomplie : nos vies seront comme un jardin abreuvé, et nous ne dépérirons plus ! Constamment désaltérés à la source de l'eau de la vie, nous vivrons ! enfin ! et pour toujours.
Mais peut-être en est-il parmi nous qui n'ont pas cette joie. Mes amis, sachez seulement que ce bonheur est à votre portée ce matin. Il vous faut seulement, pour y goûter à votre tour, après, c'est évident, vous être assurés que vous êtes bien, vous aussi, du nombre des bien-aimés de Dieu, primo, faire un petit effort de mémoire, le temps de vous rappeler les bontés passées de votre Sauveur, et, secundo, tabler avec nous sur cette glorieuse perfection de la divinité, l'immuabilité, pour croire, simplement, que sa miséricorde est tout sauf tarie. « […] la fidélité du SEIGNEUR, écrivait déjà Jérémie, n'est pas épuisée, […] sa compassion n'est pas à son terme ; elle se renouvelle chaque matin. Grande est ta constance ! […] c'est pourquoi je l'attends. Le SEIGNEUR est bon pour qui met en lui son espérance, pour celui qui le cherche. Il est bon d'attendre en silence le salut du SEIGNEUR. »
Imitant en cela le prophète, ayez donc foi en l'absolue bienveillance de Dieu à notre égard. Et vous aussi pourrez rendre alors ce témoignage : Heu-reux ! tel est notre lot ! Parce que, nous le savons désormais, il n'est pas de désert qui ne s'égayera tôt ou tard. Et que le jour vient, de toutes façons, où, pour reprendre les termes mêmes de la belle vision d'Ésaïe, « […] la plaine aride tressaillira d'allégresse et fleurira comme le narcisse ; elle se couvrira de fleurs et tressaillira avec chants d'allégresse et cris de joie ; […] [Car] ils verront la gloire du SEIGNEUR, la magnificence de notre Dieu. Rendez [donc] fortes les mains faibles, affermissez les genoux qui font trébucher ; dites à ceux dont le cœur palpite : Soyez forts, n'ayez pas peur : il est là, votre Dieu ; il viendra lui-même vous sauver. Alors les yeux des aveugles seront dessillés, les oreilles des sourds s'ouvriront ; alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet poussera des cris de joie. Car de l'eau jaillira dans le désert, des torrents dans la plaine aride. Le lieu torride se changera en étang et la terre de la soif en fontaines ; dans le domaine où se couchaient les chacals, il y aura place pour les roseaux et les joncs. Il y aura là un chemin frayé, une voie ; on l'appellera "Voie sacrée". […] là marcheront les gens rédimés ; ainsi ceux que le SEIGNEUR a libérés reviendront. Ils arriveront à Sion avec des cris de joie, une joie perpétuelle couronnera leur tête ; la gaieté et la joie viendront à leur rencontre, le chagrin et les gémissements s'enfuiront. »

Apocalypse 5.9-10 : « Tu es digne de prendre le livre et d’en briser les sceaux. Car tu as été mis à mort et, par ton sacrifice, tu as acquis pour Dieu des gens de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. Tu as fait d’eux un royaume de prêtres pour servir notre Dieu, et ils régneront sur la terre. »
Le livre scellé que voit Jean contient, presque certainement, le détail du plan de salut élaboré par Dieu en notre faveur depuis les temps les plus anciens.
Les sceaux encore en place indiquent que le contenu de ce projet salvateur est resté caché jusqu’ici. À part quelques initiés, comme les prophètes par exemple, personne n’en a été précisément informé. Mais le moment est venu pour ce plan d’être largement dévoilé de façon que tous puissent en prendre connaissance.
Et c’est à Christ que revient l’honneur de le publier. Pourquoi ? En raison, bien sûr, de l’excellence de son œuvre.
Par sa mort sur la croix, il n’a pas seulement acquis une multitude pour Dieu, il a encore fait d’elle un royaume de prêtres et de rois.
Il a acquis une multitude pour Dieu, d’abord. Après qu’il a été crucifié, il a été ramené à la vie et, bientôt, élevé au rang de Seigneur de l’univers. Il règne donc, désormais, et use, aujourd’hui, du pouvoir qui lui a été remis pour « racheter » des hommes et des femmes issus de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation afin de faire d’eux les « amis » de Dieu. Noble tâche s’il en est, qui l’a conduit à venir jusqu’à nous, pour nous ramener, nous aussi, dans l’amour de son Père !
Et puis, il a fait de cette multitude des prêtres et des rois. Autrement dit, il a permis que nous soit accordé, à nous qui avons été ajoutés déjà à cette foule, deux immenses privilèges.
Celui, d’abord, de nous tenir en permanence dans la présence immédiate de Dieu pour lui offrir un culte qu’il agrée, parce que riche notamment en « sacrifices » de reconnaissance de toutes sortes.
Celui, ensuite, d’être associés à lui dans son règne sur toute la création.
Ainsi, c’est en raison de l’excellence de l’œuvre qu’il a accomplie en notre faveur que Christ est désigné par Dieu comme le seul digne de révéler au monde ses intentions salvatrices. Et qu’il s’acquitte toujours de sa mission, en nous dévoilant ce matin encore le désir le plus vif de son Père : nous rencontrer, pour faire la paix avec nous, et nous élever aussitôt au rang insigne de ses serviteurs et collaborateurs.
Puissent nos cœurs s’unir pour célébrer à notre tour « l’Agneau qui a été mis à mort », et qui est à jamais « digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse et la force, l’honneur, la gloire et la louange ! » (Versets 12 et 13)

C’est une magistrale et interactive leçon d’histoire de l’art religieux et de la doctrine chrétienne que Martin Slabbekoorn nous a offerte samedi dernier, sur le thème de la Crucifixion. Nous l’en remercions très chaleureusement.
L’orateur nous a d’abord brièvement rappelé ce que qu’était la croix au temps des Romains : conception, fabrication et rôle de cet instrument de torture couramment utilisé à l’époque pour mettre à mort les « non-citoyens » de l’Empire.
Il a ensuite fait remarquer combien les récits évangéliques de la crucifixion du Christ étaient sobres.
Ces deux éléments transparaissent très nettement dans les rares représentations de la Passion remontant aux premiers siècles du christianisme. Pour deux raisons.
Primo, jusqu’à ce qu’un concile l’interdise, en 692, Jésus apparaît sous les traits d’un agneau.
Secundo, durant cette même période, et conformément à ce que nous rapporte le livre des Actes des Apôtres, les premiers chrétiens mettent plutôt l’accent sur la Résurrection, victoire du Christ sur la mort. Ainsi, les Crucifixions montrent un Christ glorieux, yeux ouverts et corps droit.
Puis, les représentations de la croix s’enrichissent, à mesure que le dogme se développe. Et des conventions s'établissent : le « bon larron », par exemple, est toujours placé à la droite de Jésus et cloué autrement que de son compagnon ; Judas, quant à lui, est figuré avec un sac de pièces, son attribut dorénavant.
Si le récit biblique est assez bien respecté, nous voyons poindre l’influence de certaines légendes dans les compositions.
Alors que l’Orient chrétien continue à figurer le Christ crucifié en Christ magnifié et tout-puissant, l’Occident, lui, laisse ses artistes libre de peindre l’émotion suscitée par le supplice de Notre Seigneur. D'où, par exemple, la présence fréquente d'anges pleureurs au-dessus de la croix. Au Jésus victorieux, succède l’homme de douleur : il ferme les yeux, saigne et souffre.
La composition des œuvres suit aussi l’histoire. La couronne d’épines (souvent sous forme de casque) apparaît au XIIIème siècle, après que Saint-Louis l’a rapportée des croisades.
Au XVIème siècle, deux courants apparaissent.
D'un côté, le Concile de Trente, pour lutter contre les « hérésies de la Réforme » codifie l’art religieux pour en faire un outil de défense de la foi. Ainsi enfermé dans des règles très strictes, l’« art catholique » perd une bonne part de sa créativité initiale. Conséquence : il n'y a pas grande différence entre une Crucifixion du XIXème siècle et une Crucifixion de la Renaissance.
De l'autre, certains peintres, tels Rembrandt, osent peindre des œuvres très personnelles, exprimant leur propre interprétation de la croix.
Mais ce n'est qu'au XXème siècle que les artistes retrouvent leur entière liberté. On pense à Chagall, entre autres, qui choisit de peindre la Crucifixion à la lumière de la Shoah.
Merci encore à Martin Slabbekoorn pour la qualité de la causerie qu'il nous a offerte : 2 000 ans de peinture chrétienne examinée et commentée en à peine plus de deux heures, pour le plus grand bonheur d'un public hélas ! trop clairsemé.
Françoise Pillon
![]() | Londres, le 5 mars 07 — Parmi les nombreuses activités proposées par St-Helen’s, l’une m'avait surprise : « British Museum ».
C’est vrai que ce magnifique musée abrite des collections d’antiquités égyptiennes, grecques, romaines et proche-orientales parmi les plus riches du monde. Mais… le rapport avec la Bible ? Nous étions bien curieux de découvrir ce qu'annonçait la brochure de l'Église : « les objets prouvant l’exactitude historique de l’Ancien Testament ». Un titre plutôt prometteur… Nous avons donc rejoint un petit groupe d’environ vingt personnes, ce dimanche après-midi, pour nous immerger dans un monde dont il ne reste que des ruines et des fresques, à la recherche de symboles que nous pourrions interpréter. L’écriture cunéiforme nous laissant parfois perplexes (!), je dirais que l'image la plus impressionnante fut celle de la prise de Lakish (citée dans 2 Rois 18), l’une des principales forteresses du royaume de Juda, par Sennachérib, à la tête de l’armée assyrienne. Nous avons pu voir se dérouler sous nos yeux, comme dans une bande dessinée, la bataille, la prise de la ville, le siège, les prisonniers juifs, et les Assyriens chantant victoire, le tout dans une immense fresque assyrienne sculptée en l’an 700 avant Jésus-Christ. Je n’en dévoile pas plus, mais recommande cette promenade à travers les siècles à celui qui, de passage à Londres, voudrait en connaître plus sur l’histoire d’Israël et mieux comprendre le contexte dans lequel a été écrit l’Ancien Testament. Pour réserver les billets, c'est simple : il suffit de cliquer ici (fonds versés aux missions évangéliques belges). Et pour ceux qui souhaitent aller plus loin, un livre : The Bible in the British Museum – Interpreting the evidence, par T.C. Mitchell (The British Museum Press). Emmanuelle |
2 Jean 3 : « Que Dieu le Père et Jésus-Christ, le Fils du Père, nous accordent la grâce, la miséricorde et la paix pour que nous en vivions dans la vérité et l'amour. »
La volonté de Dieu : que nous vivions tous « dans la vérité et l'amour ». Autrement dit, que nous conformions tous notre comportement aux instructions reçues du Seigneur et que tout dans notre façon de vivre témoigne de l'amour que nous avons pour lui et pour ceux qu'il nous a donnés comme prochains.
Mais pour Jean, l'apôtre, il est clair que nous ne pourrons commencer de répondre à l'attente divine que si, au préalable, nous avons reçu et la grâce, et la miséricorde, et la paix que le Père et le Fils se plaisent à répandre sur ceux qui les leur demandent avec foi.
C'est pourquoi il les invoque sur lui-même et tous ceux à qui il adresse sa lettre.
La grâce. C'est-à-dire le pardon. Parce que nous continuons, hélas ! de pécher, attristant régulièrement l'Esprit de Dieu par nos manquements, nos écarts, nos trahisons, nous avons besoin de savoir que le Seigneur efface jusqu'au souvenir de nos fautes dès lors que nous les lui confessons humblement et comptons sur lui pour nous garder de les reproduire. Oui, nous avons besoin de savoir que sa grâce est sur nous.
La miséricorde. Ou la compassion. Parce que, tout vainqueurs que nous sommes en Christ, nous restons faibles, indigents et pauvres, nous avons besoin de savoir que le Seigneur compatit. Qu'il est toujours bien décidé faire preuve à notre égard d'une grande patience. Et qu'il est prêt, aujourd'hui encore, à relever ceux d'entre nous qui sont tombés, soutenir ceux qui chancellent, rassurer ceux qui ont peur, entourer ceux qui se sentent seuls, consoler ceux qui pleurent… Oui, nous avons besoin de nous savoir au bénéfice chaque jour de sa miséricorde.
La paix, enfin. Autrement dit, ce sentiment de bien-être profond que seule procure l'assurance d'avoir Dieu de son côté. Parce que nous sommes par nature « inquiets », nous avons besoin de savoir Dieu à jamais pour nous. Car Dieu pour nous, c'est la garantie non seulement que personne ne pourra plus nous nuire durablement, mais encore que rien ne pourra plus nous arriver jamais qui ne contribue pas, d'une manière ou d'une autre, à notre croissance et à notre bien. Oui, nous avons besoin de la connaître, cette paix que Dieu donne et qui, nous dit Paul, surpasse tout ce que l'on peut imaginer.
Ainsi, permettez qu'après l'apôtre Jean, je prie à mon tour : « Que Dieu le Père et Jésus-Christ, le Fils du Père, nous accordent, à vous, chers lecteurs, comme à moi la grâce, la miséricorde et la paix pour que nous en vivions dans la vérité et l'amour. »

Jean 21.9 : « Lorsqu'ils furent descendus à terre, ils virent là un feu avec du poisson dessus et du pain. »
Ce verset est extrait d'un des récits évangéliques que j'affectionne le plus.
Les disciples ont pêché toute la nuit dans réussir à prendre un seul poisson. Pas très brillant pour des professionnels comme eux !
C'est alors que Jésus leur apparaît. Et leur donne aussitôt cet ordre étrange : « Jetez le filet du côté droit de la barque et vous en trouverez ». À bout de forces, les disciples pourraient protester : « Ce que tu dis n'a pas de sens ! Comme si, en mer, un côté de notre barque pouvait être préférable à l'autre ! Et puis, nous sommes si fatigués... »
Le fait est qu'ils s'exécutent. Et bien leur en prend, puisque leur pêche, cette fois, est si abondante qu'ils éprouvent les pires difficultés à la ramener à bord.
Nous pourrions tirer déjà quelques belles leçons de cet événement. Faire ressortir, par exemple, la compassion, la bienveillance et la générosité de Jésus qu'il révèle. Ou nous étendre sur cet autre message, savoir que nos limites sont l'occasion « rêvée » pour le Seigneur de manifester sa puissance.
Mais c'est sur un détail que j'aimerais que porte plus particulièrement notre attention ce matin.
Lorsque les disciples parviennent au rivage, que découvrent-ils ? Que le « barbecue » est prêt ! Et qu'ils n'ont plus qu'à se mettre « à table ». Jésus s'est occupé lui-même de préparer les grillades. Et il n'avait besoin pour cela ni du pain, ni des poissons qu'apporteraient les disciples.
Quelle leçon ! Dès lors que l'on a compris que ce petit déjeuner partagé sur le sable d'une plage de Galilée est lui aussi une image du salut, l'événement scrupuleusement rapporté par Jean ici nous rappelle que ce salut, précisément, est entièrement et seulement l'œuvre du Seigneur. Il a tout accompli. En sorte que tout ce qu'il nous reste à faire est de tendre la main pour recevoir, en même temps que le pardon, la vie éternelle, et avec elle une paix et une joie qui surpassent tout ce qui se peut concevoir.
Oui, le Seigneur a tout préparé. Le couvert est mis ; le pain, le poisson, mais pas seulement, les viandes grasses aussi fument ; quant au vin, il est désormais à bonne température.
Ainsi, pour ceux d'entre nous qui ont entendu son invitation à venir se restaurer auprès de lui, il ne nous reste plus qu'à mettre les pieds sous la table ! Et, bien sûr, à manger et à boire... avec appétit.
Puissions-nous remercier le Seigneur aujourd'hui encore pour son extraordinaire générosité à notre égard. Et, histoire de réjouir vraiment son cœur, ne rien laisser dans notre assiette !

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