Très intéressante, l'histoire de la Sunamite…* dont Jan Bialecki nous propose de tirer trois leçons.
D'abord, que toutes les souffrances ne sont pas apparentes.
Il est des souffrances cachées. Comme celle de la Sunamite. Élisée lui rend régulièrement visite, et tout prophète qu'il est, ne soupçonne rien. La femme souffre de n'avoir pas de fils, mais ne lui en souffle mot.
Attention aux apparences ! elles peuvent être trompeuses. Ne nous laissons donc pas abuser par les écrans dont certains savent si bien user pour dissimuler leurs détresses. Soyons attentifs aux signes, discrets, qui les dévoilent.
Ensuite, que nous avons parfois besoin d'un autre pour ouvrir les yeux.
Prenez Élisée : c'est à Guéhazi, son serviteur, qu'il doit de comprendre la tristesse secrète de la Sunamite. Sans le témoignage de cet homme, il serait resté totalement aveugle à son désarroi.
D'où nous concluons que nous avons besoin les uns des autres pour ne pas passer à côté d'un chagrin soigneusement dissimulé. Ce que je ne vois pas, un autre peut-être l'a vu ; et ce que cet autre ne peut deviner, est peut-être pour moi plus qu'évident.
Enfin, qu'aller à la rencontre de l'autre exige parfois que l'on consente de réels sacrifices.
Ah ! si Élisée avait peu envoyer Guéhazi à sa place pour ramener le fils de la Sunamite à la vie ! Mais il lui faut se résoudre à interrompre son ministère pour reprendre lui-même le long chemin qui le sépare de Sunem.
Sommes-nous de ceux qui sont suffisamment disponibles et souples pour accepter les renoncements que peut exiger le réconfort de l'autre ?
Il en est un qui devrait nous servir de modèle en la matière : Jésus.
Jésus qui, parce qu'il connaissait notre détresse et qu'il ne pouvait y rester insensible, a librement consenti à parcourir la distance, infinie, qui le séparait de nous pour nous apporter le salut dont nous avions tant besoin.
* Lire 2 Rois 4
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