Romains 6.1 : « Que dirons-nous donc ? Allons-nous demeurer dans la péché afin que la grâce abonde ? »
C'est fini, bien fini ! Je ne téléphone plus en conduisant !
Pourquoi ? Laissez-moi vous raconter.
C'est un jour de grève, et je dois me rendre en banlieue. Heureuse surprise : la circulation est fluide. J'arrive à destination sans encombre.
Je cherche une place où garer ma voiture. Tandis que je tourne dans le quartier, mon téléphone sonne. Je jette un coup d'œil à l'écran : c'est un membre de l'Église qui m'appelle.
Je parcours encore quelques dizaines de mètres, m'arrête au feu et appuie sur la touche verte.
Une voiture de police passe à cet instant. Ses occupants m'ont repéré. Demi-tour : ils sont déjà à ma hauteur.
On me prie poliment de franchir le carrefour et d'immobiliser mon véhicule dans la cour d'un immeuble. Tout en m'exécutant, je calcule le coût en termes d'amende et de points perdus.
Un fonctionnaire s'approche. Je coupe le moteur et descends ma vitre.
« Vous savez pourquoi nous vous avons arrêté ?
— Je pense que oui.
— Vous pouvez me montrer les papiers de la voiture ? … Et votre permis de conduire ? »
Je lui tends les documents, qu'il remet aussitôt à son collègue.
Celui-ci s'éloigne, prend le temps de les examiner et passe un coup de téléphone.
En attendant son retour, j'ai droit à un sermon. Plutôt soft, mais ferme tout de même. « Sachez, monsieur, qu'on ne téléphone pas au volant ! ou alors à l'arrêt, et le moteur coupé. » Confus, j'écoute en silence.
Au bout de quelques minutes, le collègue revient. Je leur regarde avec appréhension. J'attends la sentence.
Mais, ô surprise, il a le sourire !
« Tenez, vos papiers. Si j'ai bien lu, aujourd'hui est un jour spécial pour vous !
— …
— Allez ! nous n'allons tout de même pas vous verbaliser le jour de votre anniversaire !
— Vraiment ? Je peux partir ?
— Vous pouvez partir. Et… bonne fête ! »
C'est ce que l'on appelle la grâce.
Et figurez-vous que c'est cette grâce reçue qui m'a décidé : je n'utiliserai plus mon téléphone en voiture.
Non pas la crainte d'une sanction, mais le souvenir d'un cadeau : celui, immérité, que me fit, un jour de printemps, ce fonctionnaire de police étrangement généreux.
J'en connais qui craignent qu'en insistant trop sur la grâce divine nous n'encouragions les chrétiens à pécher. « Rien de tel, disent-ils, que la menace d'un bon châtiment pour les en dissuader. »
Pas sûr !
Pour moi, en tout, cas, c'est moins la peur panique du jugement que la joyeuse célébration de la miséricorde divine qui me dicte de chercher à plaire au Seigneur.
Bien comprise, la grâce oblige. Comment, en effet, ne pas vouloir être agréables à celui qui a pris sur lui de payer lui-même le prix de toutes nos infractions afin que nous puissions repartir bientôt vers la vie sans la moindre dette ?
Je vous laisse donc ce sujet de méditation : De la grâce de Dieu comme motivation première et ultime de notre désir de lui être et de lui rester soumis.
Paul Appéré
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