Quelques leçons tirées ce matin par Jacques Messin de l'expérience de Balaam (Nombres 22)
Il est illusoire de penser pouvoir s'en prendre au peuple de Dieu
Le roi moabite Balak sait que la parole du prophète Balaam se réalise toujours. Il lui fait donc demander de maudire Israël, ce peuple innombrable dont il a une peur bleue.
Obtiendra-t-il satisfaction ? Que nenni ! Dieu veille son peuple. Et il ne permettra pas qu'on le touche.
Ceux qui lui appartiennent sont à l'abri : les puissances du mal ne peuvent rien contre eux.
Il est imprudent d'agir sans consulter le Seigneur
La première faute de Balaam est peut-être d'avoir accueilli la délégation envoyée par Balak sans demander conseil à Dieu.
Il aura l'occasion de regretter son geste déplacé.
Interrogeons le Seigneur avant d'ouvrir tout grands les bras à ceux qui demandent asile dans notre cercle.
Il arrive que Dieu exauce une prière injuste
Dieu a interdit à Balaam d'accéder à la requête de Balak. Mais il sait que son agent brûle de lui rendre service.
Dieu finit donc par « céder » en « exauçant » le vœu de Balaam. « Tu veux être agréable à Balak, eh bien vas-y ! et tu verras… »
Comme quoi un exaucement n'est pas toujours le signe de l'approbation divine. Il arrive aussi que, face à notre obstination, le Seigneur nous « rende notre liberté ».
Il est exclu que le Seigneur nous laisse anéantir ses desseins
Ayant reçu le « feu vert » de Dieu, Balaam prend le chemin de Moab.
C'est alors que le Seigneur, profondément irrité, intervient de manière spectaculaire. Il ne sera pas dit qu'un homme a contrecarré le plan de Dieu.
Dieu utilise la monture de Balaam pour le stopper ! Les grands moyens, donc ! Mais c'est que, déterminé comme il est à faire le mal en comblant Balak, Balaam est comme aveuglé. Son ânesse voit l'ange du Seigneur qui leur barre la route ; lui, non.
Jusqu'à ce que le Seigneur lui « ouvre les yeux », et qu'à son tour, il voie le divin « sens interdit ».
Il est possible de tenir un discours irréprochable sans pour autant être agréable à Dieu
Balaam en est la preuve. Sa confession devant l'ange du Seigneur est remarquable, son intervention devant les Moabites admirable et son témoignage devant Balak exemplaire.
Aucun doute : l'Esprit est sur lui, qui lui inspire ces magnifiques discours.
Quel souvenir laissera-t-il pourtant ? Celui d'un homme double. Capable du meilleur et du pire.
Un triste souvenir, donc. Pierre et Jean, tous deux parleront d'un homme qui en a égaré d'autres !
Un avertissement pour chacun. Nos paroles sont justes ? Que le Seigneur en soit loué. Mais nos actes sont-ils en accord avec nos discours ? En bref, sommes-nous, nous, des modèles de cohérence ?