2009.06.26

Dieu révélé

Jean 1.18 : « Dieu, personne ne l'a jamais vu : le Dieu Fils unique qui est sur le sein du Père, lui, il l'a révélé. »

Cette phrase qui clôt le prologue de l'Évangile de Jean est l'une des affirmations les plus stupéfiantes de toute la Bible. Et il n'est pas certain que nous en saisissions toujours la portée et les enjeux.

On pourrait passer des journées entières à méditer ces quelques mots, mais nous nous contenterons de retenir ceci : cette affirmation extraordinaire doit avoir une profonde influence à la fois sur la compréhension de Dieu qui est la nôtre en tant que chrétiens, et sur notre manière de témoigner de lui auprès des non-croyants.

Ce deuxième point tout d'abord : « Personne n'a jamais vu Dieu » - cette phrase aurait tout aussi bien pu être prononcée par notre voisin de palier athée ! Prise isolément, elle donne plutôt l'impression d'exprimer un certain scepticisme. Mais Jean poursuit : « le Dieu Fils unique qui est sur le sein du Père, lui, il l'a révélé. »

Le paradoxe est évident, mais Jean le souligne précisément. Dieu est invisible, mais il s'est révélé en la personne de son Fils, qui est lui aussi Dieu. Celui-là même qui a « établi sa demeure parmi nous » (1.14) est Celui qui était « au commencement auprès de Dieu » et qui est lui-même Dieu (1.1).

Conséquence ? Si nous voulons parler de Dieu à nos contemporains non-croyants... il nous faut parler de Jésus, Celui qui l'a révélé. Comment pourrait-on prétendre parler de Dieu en faisant l'impasse sur sa révélation la plus directe et suprême ? Jean 1.18 doit donc nous inciter à placer Jésus-Christ au centre de notre évangélisation. Cela ne signifie pas qu'on ne parlera que de lui, mais cela signifie bien, en revanche, que c'est en conduisant nos contemporains vers lui que nous les amènerons à Dieu.

Deuxièmement, nous l'avons dit, l'affirmation extraordinaire de Jean 1.18 doit transformer la façon dont nous comprenons qui est Dieu, nous qui sommes croyants.

À première vue, la prétention même de connaître Dieu ou de pouvoir annoncer quoi que ce soit à son propos semble inconcevable. Récemment encore, je sentis un certain vertige face aux mystères de la Personne de Dieu : qui suis-je pour dire quoi que ce soit à son propos ? Après tout... « personne n'a jamais vu Dieu » !

Mais c'est précisément Jn 1.18 qui me vint alors à l'Esprit. Car Dieu s'est pleinement révélé à nous en la personne de son Fils, au point que Jésus a pu dire : « celui qui m'a vu a vu le Père » (Jean 14.9). La portée de cette affirmation, pour nous croyants, est immense. Bien souvent, je me demande qui est vraiment Dieu. Comment réagit-il face à l'injustice, à la pauvreté, à la violence, à l'immoralité, à l'hypocrisie religieuse ? Eh bien, le Nouveau Testament nous en livre les réponses. Nous voyons Jésus dénoncer l'injustice avec force ; nous le voyons ému de compassion devant la pauvreté ; nous le voyons dénonçant la violence, et en même temps intransigeant face au péché ; nous le voyons animé d'une sainte colère face aux marchands du temple ; nous le voyons en larmes et indigné devant la tombe de Lazare. Sommes-nous bien conscients que dans chacun de ces cas, c'est bien Dieu que nous voyons réagir ?

Bien entendu, le cœur de Dieu, comme son conseil secret, nous échappe en grande partie. Mais il nous a révélé tout ce qui était nécessaire à ce que nous soyons réconciliés avec lui, à ce que nous le connaissions. Et dans la Personne de Son Fils, dans sa vie et son œuvre qui nous sont relatées par les témoins fidèles que sont les apôtres, nous voyons « ce que cela donne » lorsque Dieu a établi sa demeure parmi nous. Nous avons un aperçu sublime du cœur de Dieu lui-même, et nous comprenons un peu mieux ce que cela veut dire d'aimer Dieu et de le servir.

Matthieu Sanders

2009.06.20

Petit-déjeuner, dernière !

Last 2009

Plus étonnant que la foi

Wstephen05« Je ne sais pas ce qui s'est passé. Mais ce que je sais, c'est que, lorsque je suis monté dans le train à Paris, j'étais agnostique, et lorsque j'en suis descendu à Toulouse, j'étais croyant ! »

Pour un témoignage, c'est un témoignage ! La puissance de l'Évangile, décidément, est immense, et ne laisse pas d'étonner.

Mais savez-vous ce qui, pour Jésus, devrait nous surprendre plus encore ?

L'incrédulité des hommes !*

Davantage que la foi, c'est son absence qui devrait nous couper le souffle. Comment se peut-il que le monde n'entende rien, ne voie rien, ne comprenne rien ?

« Arrêtez de me casser les pieds avec vos fadaises ! », commandait récemment un mourant au pasteur venu lui proposer une lecture biblique.

Plus stupéfiante que la conversion d'un pécheur, donc, son endurcissement.

Car, si la volonté de Dieu est que tous parviennent au salut, d'où vient que tant d'hommes souhaitent y rester totalement étrangers ?

Mystère du vouloir divin… Mais qui ne nous empêche pas de continuer à espérer, encore et toujours, le miracle de la foi.

* Marc 6.6

2009.06.12

Une Française en Arménie

Wisabelle06C'est un témoignage qui nous a été livré ce matin. Celui d'une fidèle, Isabelle Pécron pour ne pas la nommer, revenue d'un séjour ô combien enrichissant en Arménie.

Des souvenirs, elle nous en rapporte des valises, que dis-je ? des malles entières.


Le souvenir de rencontres d'abord.

Avec des pasteurs qui, bien que sans ressources ou presque, servent le Seigneur et leurs semblables avec un dévouement, un zèle et une joie qui forcent l'admiration.

Avec des chrétiens dont l'appartenance à une minorité religieuse les expose à toutes sortes de discriminations. Mais qui persévèrent, portés qu'ils sont par l'espérance qui est la leur.

Avec des Églises — Vanadzor, Alaverdi, Erevan… — pour lesquelles l'annonce de l'Évangile ne peut être dissociée d'une action sociale visant le bien-être de la personne dans son ensemble. D'où leurs initiatives en matière de solidarité, de soins, d'éducation…

Ou avec Anna, cette octogénaire allemande, diaconesse de son état, qui se rit de l'inconfort dans lequel elle vit pourvu qu'elle puisse continuer de servir un peuple qu'elle aime.


Le souvenir de difficultés ensuite.

Économiques, par exemple. Le salaire moyen à Erevan ? Tout juste de quoi payer son loyer. D'où ces appartement où cohabitent plusieurs familles.

Depuis la chute de l'URSS, l'Arménie traverse une crise économique dont personne ne voit le terme.


Le souvenir de menaces enfin.

Comme celle qui pèse sur les évangéliques. L'État est en train de concocter une loi qui risque de limiter sérieusement la liberté religieuse dont jouissent actuellement les Arméniens. Seule pourrait continuer alors de prospérer l'Église apostolique, considérée comme garante de l'identité nationale et « rempart » important du pays.


Mais au fait, Isabelle, pourquoi l'Arménie ? « Je n'oublie pas que c'est une famille de descendants arméniens qui m'a témoigné de sa foi vivante en Jésus-Christ. Malgré les vicissitudes de son histoire et sa dispersion, ce peuple est capable de transmettre la bénédiction aux peuples au sein desquels il a trouvé refuge. »

2009.06.06

Difficile de changer !

Whoareau15D'où vient qu'il nous est si difficile d'abandonner nos préjugés ? de changer notre façon de voir ? d'accueillir sereinement, sinon joyeusement, le changement ?

Regardez Pierre ; regardez ses compagnons *. Ils ne peuvent se faire à l'idée que les choses ont changé et qu'Israël n'est plus le cœur de cible de Dieu.

L'Évangile a commencé de touché les nations. Ils devraient être dans la joie. Mais ils s'interrogent : « Est-il possible que les nations aussi puissent parvenir au salut ? »

Un miracle s'opère sous leurs yeux : des païens sont touchés par la grâce. Et ils se demandent, perplexes : « Comment se peut-il que Dieu ne fasse plus de différence ? »

Ce n'est plus un pays seulement, mais le monde entier qui, bientôt, sera exposé à la lumière. Et tandis que Dieu donne à son œuvre sa véritable dimension — universelle —, ils s'inquiètent : « Nos catégories seraient-elles devenues obsolètes ? »

Mais nous aurions tort de leur jeter la pierre. Formatés comme nous le sommes nous-mêmes — par notre culture, notre éducation, nos traditions, notre environnement, les médias… — nous ne sommes guère plus ouverts à la nouveauté.

Nous aussi avons tendance à nous accrocher à nos idées, au risque de ne pas pouvoir accueillir avec joie le flambant neuf que Dieu introduit régulièrement, dans le monde, l'Église ou notre vie.

Il en est un qui n'eut pas peur de faire taire les débats stériles pour s'émerveiller devant la grâce divine en action : Barnabas **.

Puissions-nous être de ses disciples aujourd'hui, et, comme lui, accepter joyeusement de nous laisser instruire et informer en permanence par ce qui nous vient d'en-haut.


* Voir Actes 10 et 11
** Actes 11.23

2009.05.29

Le droit de pardonner

Wmatthieu08Matthieu 9.1-8

L'épisode de la guérison par Jésus d'un paralytique (Mt 9.1-8 et textes parallèles) est bien connu. Mais on oublie souvent que cette guérison n'est qu'un élément secondaire de l'épisode. Le premier geste de Jésus, en effet, n'a pas été de guérir le paralytique, mais de déclarer que ses péchés étaient pardonnés. Cette affirmation extraordinaire fait réagir les scribes, qui la considèrent comme un blasphème : comment un homme peut-il pardonner les péchés ?

Pour montrer qu'il possède bien cette autorité, Jésus procède à une surprenante démonstration : « Qu'est-ce qui est le plus facile, de dire : "Tes péchés sont pardonnés" ou "lève-toi et marche" ? Eh bien afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a l'autorité sur la terre pour pardonner les péchés » — il dit au paralytique — « lève-toi, prends ton lit et retourne chez toi. » L'homme se leva et s'en alla. (versets 5-6)

Jésus semble ici raisonner a fortiori. En guérissant miraculeusement le paralytique, il montre qu'il possède effectivement l'autorité qu'il revendique, une autorité surnaturelle. Or, si Jésus possède bien, et visiblement, l'autorité surnaturelle de guérir, on ne peut pas lui contester celle de pardonner les péchés. Il est en effet plus difficile de dire « lève-toi et marche ! », parole qui doit être suivie d'un effet visible, que « tes péchés sont pardonnés », parole qui correspond à une réalité invisible.

Jésus confond donc ses adversaires par un signe indéniable de son autorité et de sa puissance. Mais ce qu'il veut montrer, il ne faudrait pas l'oublier, c'est qu'il a le droit de pardonner les péchés : la guérison miraculeuse n'est qu'un instrument qu'il utilise pour en faire la démonstration. C'est le pardon des péchés qui est fondamental, ce que confirme la priorité que Jésus, face au paralytique, accorde au pardon.

Autre élément surprenant de ce texte : la réaction des foules au verset 8 : « En voyant cela, les foules, saisies de crainte, glorifièrent Dieu qui a donné aux humains une telle autorité. »

Pourquoi les foules interprètent-elles l'autorité de Jésus comme une autorité accordée « aux humains » ? Loin de faire fausse route, les foules font ici preuve — inconsciemment ? — d'un discernement étonnant de la personne et de l'œuvre du Christ. En effet, l'autorité exercée par Jésus n'est pas réservée à sa nature divine ; c'est aussi en tant qu'homme que Jésus guérit les malades et pardonne les péchés — en tant qu'homme sans péché, parfaitement en paix avec Dieu, en tant que représentant juste d'une humanité injuste.

L'auteur de la lettre aux Hébreux établit lui-même un parallèle entre l'humanité de Jésus et le rôle originel de l'humanité aux yeux de Dieu, lorsqu'il applique délibérément au Fils ce que David avait dit de l'homme en général (Hébreux 2.5-9 citant Psaume 8.4-6). Il est frappant, d'ailleurs, que le Psaume 8 emploie précisément l'expression « fils de l'homme ».

Cette correspondance apporte un éclairage intéressant à l'expression énigmatique utilisée par Jésus pour se décrire : « le Fils de l'homme ». En Marc 2.27-28, il établit le même parallèle entre la position de l'homme (vis-à-vis du sabbat) et sa propre autorité, en utilisant, là aussi, l'expression « Fils de l'homme ».

Il y a là un aspect fondamental de l'Évangile : la pleine humanité que nous avons perdue, cette humanité qui reste parfaitement fidèle à sa vocation d'« image de Dieu » dans la création, c'est Jésus-Christ qui l'a assumée à notre place. Et s'il est indéniable que Jésus a exercé et exerce encore une autorité divine, il est aussi le Roi légitime de l'humanité, notre Frère, celui qui est l'Homme par excellence — le Fils de l'homme.

Matthieu Sanders

2009.05.25

Le Retable de l'Agneau mystique de Gand

Juin 2009a4 (800)

2009.05.18

Borodine et Schubert à Alésia

Walesia22

2009.05.16

Quand la grâce oblige

Romains 6.1 : « Que dirons-nous donc ? Allons-nous demeurer dans la péché afin que la grâce abonde ? »

C'est fini, bien fini ! Je ne téléphone plus en conduisant !

Pourquoi ? Laissez-moi vous raconter.

C'est un jour de grève, et je dois me rendre en banlieue. Heureuse surprise : la circulation est fluide. J'arrive à destination sans encombre.

Je cherche une place où garer ma voiture. Tandis que je tourne dans le quartier, mon téléphone sonne. Je jette un coup d'œil à l'écran : c'est un membre de l'Église qui m'appelle.

Je parcours encore quelques dizaines de mètres, m'arrête au feu et appuie sur la touche verte.

Une voiture de police passe à cet instant. Ses occupants m'ont repéré. Demi-tour : ils sont déjà à ma hauteur.

On me prie poliment de franchir le carrefour et d'immobiliser mon véhicule dans la cour d'un immeuble. Tout en m'exécutant, je calcule le coût en termes d'amende et de points perdus.

Un fonctionnaire s'approche. Je coupe le moteur et descends ma vitre.

« Vous savez pourquoi nous vous avons arrêté ?

— Je pense que oui.

— Vous pouvez me montrer les papiers de la voiture ? … Et votre permis de conduire ? »

Je lui tends les documents, qu'il remet aussitôt à son collègue.

Celui-ci s'éloigne, prend le temps de les examiner et passe un coup de téléphone.

En attendant son retour, j'ai droit à un sermon. Plutôt soft, mais ferme tout de même. « Sachez, monsieur, qu'on ne téléphone pas au volant ! ou alors à l'arrêt, et le moteur coupé. » Confus, j'écoute en silence.

Au bout de quelques minutes, le collègue revient. Je leur regarde avec appréhension. J'attends la sentence.

Mais, ô surprise, il a le sourire !

« Tenez, vos papiers. Si j'ai bien lu, aujourd'hui est un jour spécial pour vous !

— …

— Allez ! nous n'allons tout de même pas vous verbaliser le jour de votre anniversaire !
— Vraiment ? Je peux partir ?

— Vous pouvez partir. Et… bonne fête ! »

C'est ce que l'on appelle la grâce.

Et figurez-vous que c'est cette grâce reçue qui m'a décidé : je n'utiliserai plus mon téléphone en voiture.

Non pas la crainte d'une sanction, mais le souvenir d'un cadeau : celui, immérité, que me fit, un jour de printemps, ce fonctionnaire de police étrangement généreux.

J'en connais qui craignent qu'en insistant trop sur la grâce divine nous n'encouragions les chrétiens à pécher. « Rien de tel, disent-ils, que la menace d'un bon châtiment pour les en dissuader. »

Pas sûr !

Pour moi, en tout, cas, c'est moins la peur panique du jugement que la joyeuse célébration de la miséricorde divine qui me dicte de chercher à plaire au Seigneur.

Bien comprise, la grâce oblige. Comment, en effet, ne pas vouloir être agréables à celui qui a pris sur lui de payer lui-même le prix de toutes nos infractions afin que nous puissions repartir bientôt vers la vie sans la moindre dette ?

Je vous laisse donc ce sujet de méditation : De la grâce de Dieu comme motivation première et ultime de notre désir de lui être et de lui rester soumis.

Paul Appéré

2009.05.15

Annulation

Annulation 06

2009.05.01

Beethoven, Liszt, Blet à Alésia

Walesia21

2009.04.21

Mozart revisité Rue de Sèvres

Mai 2009-a6

2009.04.17

« Défi 10/10/10 »

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Conférence publique du Directeur International du Défi Michée

Joël Edwards, le nouveau Directeur International du Défi Michée (précédemment Directeur général de l’Alliance évangélique du Royaume-Uni) donnera le vendredi 17 avril 2009 à 19h en l’église évangélique baptiste — 123 avenue du Maine Paris XIVe — une conférence sur l’importance pour le monde protestant/évangélique de la démarche du Défi Michée comme réponse à un monde en souffrance.

Il présentera également la stratégie internationale « Défi 10/10/10 ». Cette date marquera les deux-tiers du parcours qui relie l’année 2000, date où les gouvernants ont signé la Déclaration du Millénaire, s’engageant à réduire la pauvreté de moitié, et l’année 2015, date où cet objectif doit être atteint.

Le protestantisme au niveau mondial aura une formidable occasion de montrer l’importance que revêt à ses yeux l’extrême pauvreté dans le monde et son désir que les gouvernants de ce monde respectent leurs engagements.

Pour cause de fêtes

Annulation-05

2009.04.14

Soirée musicale au Pavé d'Orsay

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juin 2009

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